François Bayrou, l’imposteur…
Ni de droite ni de gauche, François Bayrou ? Le candidat « antisystème », porte-parole des « petits », est en fait un représentant des notables. Ses réseaux, ses soutiens, ses alliés sont tous à droite.
I) Comme Sarkozy, il partage le bilan de la droite
Comme Sarkozy « qui a changé », Bayrou tente de se faire passer pour un homme neuf, unhomme qui appartient à l’avenir et auquel l’avenir appartient. Mais l’ancien ministre deBalladur et de Juppé a aussi un passé, et un bilan.
Depuis 2002, le groupe UDF a régulièrement soutenu les gouvernements dirigés par l’UMP et son ancien lieutenant Gilles de Robien est aujourd’hui ministre de l’Education dans le gouvernement De Villepin.
François Bayrou a attaché son nom à des projets de loi emblématiques de la droite. Pendant quatre ans, il a tout voté avec l’UMP, avant d’entrer en dissidence avec une fraction de son groupesuffisamment réduite pour que toutes les lois passent quand même.
Sa posture d’opposant est récente. De toute sa carrière politique, il n’a voté qu’une seule motion de censure contre un gouvernement de droite, celle que le Parti socialiste a déposée le 16 mai 2006 contre le gouvernement Villepin à l’issue de la crise du CPE. Et encore :sur les trente députés que compte son groupe parlementaire, seuls 10 l’ont suivi. Fort logiquement : la censure n’était même pas une consigne de groupe.
II) Bayrou, c’est la France des notables et de l’immobilisme
Candidat autoproclamé des « petits », François Bayrou est en fait le représentant de la France des notables. Ses électeurs représentent une bourgeoisie protégée des évolutions du pays réel, qui ne s’intéresse que de très loin aux préoccupations des salariés.
Son seul bilan ministériel le dit assez : après avoir tenté de remettre en cause la laïcité et amené des centaines de milliers de Français dans la rue, Bayrou a été le ministre de l’immobilisme. Pour s’assurer la docilité du monde enseignant, il a choisi de ne rien faire et a laissé se dégrader les métiers. Aujourd’hui encore, ses propositions pour l’école et les enseignants sont presque vides. Son discours se réduit à dire « je suis des vôtres ». C’est un peu facile...
Sauf très rares exceptions, dans les régions et dans les conseils généraux, les élus UDF votent à droite et forment des majorités avec l’UMP. Regardez dans votre ville, regardez dans votre conseil général.
Le souci de Bayrou n’est pas de créer une alternative, mais de peser au sein de la droite. Face à Sarkozy et à Le Pen, son seul intérêt est de peser le plus lourd possible dans les négociations avec l’UMP pour les législatives de 2007 et les municipales de 2008.
Voter Bayrou, c’est donc faire le jeu de cette stratégie. Bayrou vote à droite, Bayrou gouverne à droite, Bayrou s’allie toujours à droite !
Donner sa voix à Bayrou, c’est donner sa voix à la droite !